Information relative à la dispensation de Nalscue°

POURQUOI UN ELARGISSEMENT DES CONDITIONS DE DELIVRANCE DE LA NALOXONE ?

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Depuis septembre 2016, la région Auvergne Rhône Alpes est exposée à des cas de consommation de fentanyl et de « fentanyloïdes » dans des poudres présentées comme de l’héroïne.

Pour rappel, le fentanyl est un médicament antalgique opiacé. Son effet sur les récepteurs opioïdes est  50 fois plus puissant que celui de l’héroïne. Les autres produits « fentanyloïdes » sont également des opioïdes très puissants. Il s’agit de nouveaux produits de synthèse (NPS), tel que l’ocfentanyl (2 fois plus puissant que le fentanyl, 100 fois plus puissant que l’héroïne). Ce produit a été impliqué dans le décès d’un usager d’héroine en Haute Savoie (septembre 2016).

Ces fentanyl et fentanyloïdes proviennent souvent du « dark web» .

Depuis mi-novembre 2016, les départements de la Drôme et en limite de l’Ardèche sont concernés par un cluster de décès chez des usagers d’héroïne et/ou de cocaïne ainsi que par plusieurs overdoses documentées suite à l’injection déclarée d’opiacés. Il n’y a, actuellement, pas de preuve analytique toxicologique en faveur d’une présence de fentanyl ou de « fentanyloide » chez les personnes ayant présenté un surdosage manifeste.

A ce jour, aucune intoxication grave avec des fentanyloïdes n’a été signalée en Ile de France ni en région Centre Val de Loire. Par contre, un cas grave d’intoxication par un opioïde de synthèse a été notifié en région parisienne.

Problème de détection analytique de ces produits

L’absence actuelle de détection d’une nouvelle substance est liée au peu d’accessibilité à ces échantillons de poudre, ainsi qu’au matériel usagé, en vue d’une analyse toxicologique. Par ailleurs, des prélèvements urinaires et sanguins insuffisamment orientés chez des personnes ayant présenté un surdosage récent, peut entretenir la méconnaissance d’une substance émergente.

Il existe souvent une discordance entre un tableau clinique de surdosage en opioïde et un dépistage urinaire négatif pour les opiacés (immunochimie ou screening chromatographique de première intention) puisque ces dépistages ne détectent pas le fentanyl ni les « fentanyloïdes ».

Le cas récent de Haute-Savoie montre, néanmoins, qu’une « positivité » de l’héroïne, dans la poudre ou dans le sang, n’exclut pas la présence associée d’un « fentanyloïde » (les 2 type de substances ont été retrouvées dans les analyses).

Elargissement de la dispensation de sprays de naloxone (Nalscue®) aux usagers

Face à cette vague d’intoxications graves signalée par les CEIP-A de la région Auvergne Rhone Alpes et à la demande de l’ANSM, la DGS a choisi d’élargir, à titre exceptionnel et dérogatoire,la dispensation de NALSCUE®  (naloxone).

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Recommandations aux personnels des services d’addictologie, des CSAPA, des CAARUD ainsi qu’aux usagers

En cas d’événements indésirables suspects ou grave suite à la consommation d’un produit stupéfiant, contacter le CEIP-A de Paris et recueillir si possible un échantillon de poudre afin de les faire analyser, notamment via le dispositif SINTES.

Les usagers doivent être informés des risques induits par ces poudres et incités à transmettre ces informations de prévention aux utilisateurs qu’ils peuvent connaître. Ils doivent également être informés que, lors de la survenue éventuelle d’une overdose, les SAMU et services d’Urgence doivent être contactés même s’il y a eu administration préalable de naloxone (Nalscue®) par un autre usager ou compagnon.

Merci de déclarer également tout surdosage en opioïdes au CEIP-A de Paris : ceip.addictovigilance-paris.lrb@aphp.fr

Nous vous incitons à vous équiper de bandelettes urinaires permettant de dépister la présence de fentanyl et pour certaines de fentanyloides.

 

CONTACT CEIP-A de Paris

Téléphone : 01 40 05 42 70

Email : ceip.addictovigilance-paris.lrb@aphp.fr

 

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