Espace Murger

Historique

A la fin des années soixante, l’afflux de patients toxicomanes au sein de la consultation de médecine de l’hôpital Fernand Widal a conduit à la décision de mettre en place au sein de l’établissement une consultation spécialisée dans le traitement de cette « pathologie » à la fois médicale, psychologique et sociale. Il s’agissait à cette époque principalement de patients héroïnomanes.

Dès 1969, quelques praticiens s’intéressent, dans ce contexte aux différentes techniques de prise en charge de ces patients et mettent en œuvre, un des premiers programmes français de prescription de méthadone.

Fin 1975, est créée au sein même de l’hôpital une consultation spécialisée qui prendra le nom d’Espace Murger, en souvenir d’Henri Murger l’auteur des « Scènes de la vie de Bohème » qui décéda le 28 janvier1861 dans les murs de l’établissement.

Le centre se développe depuis cette époque prenant l’appellation de Centre de Soins Spécialisés pour Toxicomanes (CSST) puis celle actuelle de Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA).

L’Espace Murger, a ainsi reçu plus de 25000 patients depuis sa création.

L’activité de soins

Actuellement, l’espace Murger est un service de consultation en addictologie avec une file active annuelle oscillant autour de 800 patients.

Il dépend d’un service hospitalo-universitaire de psychiatrie et s’articule au sein de l’hôpital avec un service de médecine addictologique.

En tant que service public anonyme et gratuit, il reçoit une palette assez large de patients. Les prises en charge proposées sont diverses et adaptées aux besoins du patient : sevrage hospitalier ou ambulatoire, traitements de substitution (buprénorphine et méthadone), prise en charge médico-sociale, psychothérapie, hospitalisation dans le cadre d’une affection somatique liée à l’addiction. Les patients sont actuellement majoritairement dépendants des drogues illicites (héroîne, cocaïne, amphétamines, cannabis) mais aussi de l’alcool et de médicaments psychotropes.

Le suivi se fait uniquement sur rendez-vous.

La recherche à l’Espace Murger

L’Espace Murger est impliqué dans plusieurs projets de recherche en collaboration avec le Service de Psychiatrie universitaire et l’unité INSERM Neuropsychopharmacologie des addictions.

Les thèmes de recherche de cette Unité sont la vulnérabilité et la variabilité de la dépendance aux substances ainsi que la pharmacologie des traitements de la dépendance.

Un des projets actuellement en cours porte sur les facteurs de protection vis-à-vis du développement de la dépendance à l’héroïne.

L’objectif est d’interroger et de réaliser un prélèvement biologique chez des personnes de plus de 35 ans ayant utilisé à plusieurs reprises de l’héroïne ou des opiacés illicites, mais n’ayant pas développé de dépendance.

Si vous correspondez à ce profil et que vous souhaitez participer à la recherche en cours vous pouvez  appeler le :

01 40 05 42 14

Il vous sera proposé un rendez-vous avec un médecin clinicien investigateur qui vous présentera la recherche.

Bibliographie sur l’histoire de la toxicomanie

« Toxicomanies : historique et classifications » – J. DUGARIN, P. NOMINÉ – in Confrontations Psychiatriques – N° 28 – Ed. SPECIA – 1987, et in Histoire, Économie et Société – 4ème trimestre 1988 – Ed. CDU-CEDEX – 1988.

« Morphée est toxicomane et Épicure est mort : de l’évolution du sens des mots pour exprimer l’indicible » – J. DUGARIN, P. NOMINÉ –  Psychotropes – Vol IV – N°3 – 1988.

Quelques publications scientifiques du service

Degenhardt, L. et al. Toward a global view of alcohol, tobacco, cannabis, and cocaine use: findings from the WHO World Mental Health Surveys. PLoS Med. 5, e141 (2008).

De Graaf, R. et al. Early cannabis use and estimated risk of later onset of depression spells: Epidemiologic evidence from the population-based World Health Organization World Mental Health Survey Initiative. Am. J. Epidemiol. 172, 149–159 (2010).

Wells, J. E. et al. Cross-national comparisons of sex differences in opportunities to use alcohol or drugs, and the transitions to use. Subst Use Misuse 46, 1169–1178 (2011).