Expositions pédiatriques au Cannabis en France : alerte de santé publique

Le 19 octobre dernier, l’ANSM mettait en ligne sur son site internet un point d’information sur l’augmentation des signalements d’intoxications pédiatriques au cannabis par ingestion accidentelle.
Immédiatement relayée par les médias, l’information a souvent bien été diffusée mais les messages de prévention se sont perdus quelquefois.
Le CEIP-A de Paris souhaite donc faire un rappel du message de l’ANSM sur cette problématique de santé publique.

 

Une enquête du réseau d’addictovigilance a mis en évidence une augmentation du nombre d’exposition au cannabis chez les jeunes enfants depuis 2010. Une nette accentuation est même constatée en 2014. Au total, ce sont 140 notifications qui ont été rapportées par le réseau des CEIP-A sur le territoire national. Le suivi du nombre d’hospitalisations en relation avec l’ingestion de cannabis chez les enfants de 0 à 10 ans montre également une évolution constante au fil des ans et comptabilise au total 615 hospitalisations sur la période 2010-2014.

Cannabis :

Le chanvre (Cannabis sativa), utilisé comme plante médicinale de la médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 5000 ans, est aujourd’hui la substance illicite la plus consommée à travers le monde. La culture personnelle du cannabis est de plus en plus pratiquée en France.
Habituellement fumé, le cannabis est disponible sous plusieurs formes : l’herbe (ou marijuana), la résine (ou haschich, plus concentrée en principe actif Δ9-tetrahydrocannabinol) ou l’huile. Le cannabis est parfois également incorporé à des aliments (gâteaux appelés space cakes).
La concentration en THC a évolué depuis les années 60, passant d’une pureté de 1-2% à 11%, voire même 20% pour les cannabis haut dosage type « skunk ».

Intoxications pédiatriques au cannabis:

L’augmentation des cas d’intoxications au cours de ces dernières années concerne tous les enfants (moins de 10 ans) mais les nourrissons (moins de 2 ans) sont particulièrement touchés.
L’augmentation concerne aussi le nombre de cas graves (ayant nécessité un passage en service de réanimation ou une surveillance continue >24h)
En général, l’intoxication est accidentelle et domestique.
Le cannabis est le plus souvent ingéré sous forme de résine (bien plus fréquemment que l’herbe ou bien les space cakes).
Le produit appartient en général à l’un des deux parents ou à l’entourage proche.

Principaux symptômes retrouvés :

• Troubles neurologiques : somnolence +/- marquée et pouvant aller jusqu’au coma, hypotonie (diminution de la tension musculaire), mydriase (dilatation des pupilles), ataxie (incoordination des mouvements), tremblements, convulsion
• Troubles du comportement : agitation (cris, pleurs, obnubilation) en alternance avec des phases de somnolence, euphorie (rire)
• Troubles cardio-respiratoires : tachycardie, hypertension, plus rarement tachypnée (augmentation du rythme de la respiration), bradypnée, apnée
Le cannabis reste la première substance illicite consommée en France et les risques liés à son usage sont souvent encore méconnus ou relativisés. De ce fait, on assiste bien souvent à une sous-estimation des dangers liés au cannabis par les parents. La résine de cannabis oubliée dans sa petite boite sur la table du salon, à l’aspect de chocolat et à l’odeur intrigante, est une tentation de plus pour l’enfant à l’âge de toute les découvertes et de toutes les mises en bouche.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’une exposition passive de l’enfant est possible si l’on fume à proximité. Toutes les précautions doivent être mises en œuvre par les parents et l’entourage, consommateurs de cannabis.

Le CEIP-A de Paris se tient à votre disposition par téléphone au 01 40 05 42 70 pour toute information complémentaire ou pour toute demande d’orientation pour une prise en charge médicale des conduites addictives